Le bourdon est un insecte souvent confondu avec l’abeille ou la guêpe. Pourtant, il possède des caractéristiques bien spécifiques et joue un rôle crucial dans la pollinisation et la biodiversité. Présent dans les jardins, les champs et les milieux naturels, le bourdon est un allié précieux de l’environnement.
Qu’est-ce qu’un bourdon ?
Le bourdon est un insecte volant appartenant au genre Bombus et à la famille des Apidae, tout comme l’abeille domestique. Il s’agit d’un insecte social, vivant en colonie, mais dont le fonctionnement diffère sensiblement de celui des abeilles.
On recense environ 45 espèces de bourdons en France, très répandues en Europe. Parmi les plus connues figurent le bourdon terrestre (Bombus terrestris), le bourdon des pierres ou encore le bourdon des prés.
Contrairement aux idées reçues, le bourdon n’est ni un insecte agressif ni dangereux. Il joue avant tout un rôle écologique majeur.
Comment reconnaître un bourdon ?
Reconnaître le bourdon est relativement simple si l’on observe certains critères physiques.
Le bourdon est un gros insecte trapu, à l’aspect massif et très poilu. Son corps est généralement coloré de noir, avec une ou plusieurs bandes jaunes, parfois blanches ou orangées selon l’espèce. L’extrémité de l’abdomen peut être blanche, rouge ou orange.
Différences avec les autres insectes
- Contrairement à la guêpe, le bourdon est poilu et non lisse.
- Contrairement à l’abeille, il est plus grand, plus robuste et vole même par temps frais.
- Le faux bourdon n’existe pas réellement : ce terme est souvent utilisé à tort pour désigner un mâle ou une grosse abeille.
Le bourdon possède un dard lisse, ce qui signifie que la femelle peut piquer plusieurs fois, contrairement à l’abeille domestique.
Quel est le mode de vie des bourdons ?
Le mode de vie du bourdon repose sur un cycle annuel, différent de celui des abeilles.
Une colonie annuelle
Au début du printemps, une reine fécondée sort de son hibernation. Elle cherche alors un emplacement adapté pour fonder une nouvelle colonie, souvent dans une cavité déjà existante : ancien terrier de rongeur, trou dans le sol, tas de pierres ou nichoir abandonné.
À l’intérieur du nid, la reine pond ses premiers œufs et nourrit les larves avec un mélange de nectar et de pollen. Les premières ouvrières prennent ensuite le relais pour nourrir la colonie.
Organisation sociale
La colonie est composée :
- d’une reine
- d’ouvrières (femelles stériles)
- de mâles, produits en fin de saison
En fin d’été, les mâles et les jeunes reines quittent le nid pour s’accoupler. La colonie disparaît ensuite naturellement, seules les jeunes reines survivant pour fonder une colonie l’année suivante.
Pourquoi les bourdons sont-ils importants ?
Les bourdons sont des insectes pollinisateurs exceptionnels. Ils jouent un rôle crucial dans la pollinisation des plantes, aussi bien sauvages qu’agricoles.
Grâce à leur technique unique de pollinisation par vibration, les bourdons libèrent efficacement le pollen de nombreuses fleurs. Ils sont capables de travailler par temps froid, pluvieux ou couvert, là où d’autres insectes pollinisateurs sont inactifs.
Les bourdons contribuent directement :
- à la biodiversité
- à la reproduction des plantes
- à la qualité et au rendement des cultures
- à la santé environnementale
Sans eux, de nombreuses espèces végétales seraient menacées.
Comment aider et protéger les bourdons ?
Protéger les bourdons passe par des gestes simples, accessibles à tous.
Accueillir et observer les bourdons dans son jardin
- Laisser des zones de milieu naturel non tondues
- Planter des fleurs riches en nectar (trèfle, lavande, phacélie)
- Éviter les pesticides et insecticides
- Conserver des tas de feuilles, de bois ou de pierres
Bricoler un nichoir à bourdons
Il est possible de bricoler un nichoir à partir de matériaux simples (bois, paille, terre). Le nichoir doit être placé dans un endroit calme, à l’abri de l’humidité et des dérangements.
Observer les bourdons sans les déranger est aussi une excellente façon de contribuer à leur protection.
Les bourdons sont-ils dangereux ?
Le bourdon n’est pas agressif. Il pique très rarement, uniquement s’il se sent menacé ou pour défendre son nid.
Seules les femelles possèdent un dard mais piquent rarement, seulement pour défendre leur nid. Les mâles, eux, sont totalement inoffensifs. Même en cas de piqûre, le venin du bourdon est généralement peu douloureux et sans danger pour la majorité des individus, sauf en cas d’allergie.
Dans un jardin, la présence d’un bourdon n’est donc pas un risque, mais un signe de bonne santé écologique.
Quelle est la durée de vie d’un bourdon ?
La durée de vie d’un bourdon dépend de son rôle dans la colonie.
- Les ouvrières vivent généralement quelques semaines à quelques mois.
- Les mâles meurent après l’accouplement.
- La reine vit environ un an : elle survit à l’hiver grâce à l’hibernation et fonde une nouvelle colonie au printemps suivant.
On reconnaît un jeune bourdon car il est plus petit. Sa taille augmente avec l’âge. Le cycle de vie du bourdon est donc étroitement lié aux saisons et aux conditions environnementales.
Bourdon et biodiversité : un équilibre à préserver
Face à l’agriculture intensive, au réchauffement climatique et à la disparition des habitats naturels, les populations de bourdons sont en déclin. Pourtant, ils sont indispensables au maintien de l’équilibre écologique.
Contrairement à certains insectes nuisibles, le bourdon est un allié de la nature, qu’il est essentiel de connaître, reconnaître et protéger. C’est un bon exemple d’insectes sociaux que l’on observe au jardin dès que la température augmente au printemps.
Le bourdon le plus répandu et connu est le bourdon terrestre Bombus terrestris. Il ne vit pas en ruche et ne produit pas assez de miel pour qu’on puisse le récolter.